Nous sommes régulièrement contactés par des porteurs de projets qui souhaitent monter une gamme de produits cosmétiques. Le projet est effectivement enthousiasmant, mais trouver les démarches à effectuer relève souvent du vrai parcours du combattant !

Voici un résumé des différentes étapes pour lancer une gamme de produits cosmétiques. Celles-ci sont données pour l’Europe, et peuvent changer en fonction des pays dans lesquels vous envisagez de distribuer.

Notons que le laboratoire Dumani peut vous accompagner dans toutes les étapes de votre projet, par le biais de notre activité de cosmétique à façon.

Créer sa marque : les démarches réglementaires

Tout d’abord rappelons que le règlement cosmétique européen (1) donne une définition précise d’un produit cosmétique : « Un produit cosmétique  est une substance ou un mélange destiné à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain (épiderme, systèmes pileux et capillaire, ongles, lèvres et organes génitaux externes) ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles ».

Il faudra donc, en priorité, vous assurer que le ou les produit(s) que vous souhaitez commercialiser s’inscrivent effectivement dans le cadre de cette définition.

Bon à savoir : Un produit cosmétique ne nécessite pas, comme dans le cadre d’un médicament, d’une autorisation préalable de mise sur le marché. Un « simple » dossier rassemblant les informations obligatoires, doit être tenu à disposition des autorités.

Les différentes étapes de lancement d'un produit cosmétique
Les différentes étapes de lancement d’un produit cosmétique, jusqu’au DIP.

Dans ce document, seules les premières étapes sont détaillées. Le DIP et les étapes ultérieures feront l’objet d’un prochain article !

Définir le concept

La première étape est de définir le concept, les éléments que vous utiliserez pour mettre en place votre marketing. Ce sont aussi ces éléments que vous transmettrez à votre formulateur et qui lui permettront de répondre précisément à vos besoins.

Par exemple, si vous souhaitez créer une gamme bio, les contraintes pesant sur la formule ne seront pas les mêmes que si votre impératif est de lancer une gamme « premier prix », ou que si vous souhaitez créer un produit à base d’huiles essentielles et vegan !

Ainsi, ces éléments doivent être réfléchis en amont, presque en priorité. Ils vous permettront de transmettre un « brief », c’est à dire un cahier des charges dans le jargon cosmétique, précis et utilisable pour commencer le travail de la formule.

Notez que ce brief peut être élaboré en collaboration avec le formulateur car différents éléments pourront influencer votre concept : par exemple, si vous souhaitez que vos produits ne contiennent pas de conservateur, le formulateur vous imposera certaines formes de produits cosmétiques et vous en déconseillera d’autres.

Travailler la formule

Avec le brief que vous lui aurez transmis, le formulateur vous proposera plusieurs formules accompagnées des essais correspondants. Vous pourrez alors lui faire vos retours, afin d’affiner le produit et ainsi arriver au résultat que vous attendiez. Il ne faut pas négliger cette phase, car elle est souvent très chronophage : en effet, entre le temps nécessaire à la conception de la formule, l’expédition et les retours du client, c’est facilement plusieurs mois qui se sont écoulés entre le premier rendez-vous et la livraison d’une formule satisfaisante !

Effectuer le « sourcing » des matières premières

Avec la formule établie, il faut maintenant trouver des fournisseurs pour les matières premières. A première vue, cette étape peut sembler simple, mais elle est en réalité assez complexe car les impératifs de la production en laboratoire cosmétique ne sont pas les mêmes que lorsque l’on conçoit des produits pour sa famille ou ses amis !

Pour tous les ingrédients (sauf exception)

En particulier, et sauf exception, chaque ingrédient doit disposer d’une Fiche de Données de Sécurité (FDS), qui est un document réglementaire reprenant les caractéristiques générales du produit. Il est souvent négligé par les personnes non-professionnelles, mais il est indispensable au toxicologue pour établir son dossier cosmétique.

Vous trouverez en bas de cette page un exemple de FDS pour des HE (2).

Parfois, une fiche technique est également donnée avec la matière première, sans que cela soit obligatoire (une FDS est en général suffisante).

Notons que certains ingrédients d’origine naturelle peuvent, sous certaines conditions, être dispensés de FDS.

Pour les Huiles essentielles (HE)

En ce qui concerne les HE, un document doit en plus être demandé au producteur : le certificat IFRA (3 et 4). Hé oui, les HE sont considérées d’un point de vue règlementaire comme des substances parfumantes, et doivent à ce titre répondre à la règlementation des parfums ! C’est l’IFRA, un organisme international, qui établit les standards dans ce domaine.

Le certificat IFRA prend en compte les éventuelles substances toxiques présentes dans les HE (hé oui, il y en a parfois) ou les allergènes, pour déterminer le % maximal de cette HE que l’on peut ajouter dans un produit fini, en fonction de son utilisation.

Voyons comment lire le certificat :

Tout d’abord, la première partie indique, pour chaque classe de produit cosmétique, le pourcentage maximal que l’on peut ajouter de l’HE considérée.

Exemple de % maximal en fonction des différentes catégories de produits
Exemple de % maximal en fonction des différentes catégories de produits cosmétiques, pour l’HE de Lavande vraie.

Un tableau en fin de certificat donne la correspondance des catégories de produits. Par exemple, la classe 5 correspond à la classe des crèmes pour le visage.

Détail de la classe 5 d'après le certificat IFRA.
Détail de la classe 5 d’après le certificat IFRA.

On déduit du certificat IFRA que, dans un crème pour le visage, l’HE de lavande vraie ne pourra pas être présente à plus de 10%. En revanche, dans la classe 11 (bougies, parfum d’ambiance…) elle peut représenter la totalité du produit fini (100%).

Pourquoi ne peut-on pas dépasser ces pourcentages indiqués ici ? En raison de la présence de substances dans cette HE, dont la concentration doit être limitée. Celles-ci sont indiquées dans l’image ci-dessous.

Substances restreintes et allergènes présentes dans l'HE de lavande vraie.
Substances restreintes et allergènes présentes dans l’HE de lavande vraie.

Pour l’eau

Dans les émulsions ou les gels aqueux, la présence d’eau est un point critique. Celle-ci doit avoir fait l’objet d’analyse toxicologique ou avoir été traitée de façon à garantir un profil bactériologique satisfaisant.

Notons qu’en général, une eau de boisson (en bouteille) est très contrôlée, et peut être utilisée dans la fabrication de produits cosmétiques. Dans ce cas, un certificat d’analyse suffit.

Etablir le Dossier Information Produit (DIP)

Une fois la formule établie, les fournisseurs trouvés, et les documents règlementaires rassemblés, la formule (qualitative et quantitative) est transmise au toxicologue qui va s’en servir pour compléter les deux parties (A et B) du dossier propre au produit cosmétique, appelé Dossier Information Produit (DIP).

Les étapes de la conception du DIP feront l’objet d’un prochain article !

 

Vous le remarquez, créer une gamme de produits cosmétiques nécessite plusieurs étapes qui représentent à la fois du temps et de l’argent. En pratique, entre la conception du projet et le lancement de la gamme, 6 mois sont le plus souvent nécessaires et constituent un délai difficilement compressible !

 

Références :

1 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/fr/ALL/?uri=CELEX%3A32009R1223

2 : Exemple de FDS : https://cdn.florihana.com/images/boutique/product_files/fiches_securite/FLV025.pdf

3 : http://www.ifraorg.org/

4 : Exemple de certificat IFRA : https://cdn.florihana.com/images/boutique/product_files/certificats/FLE047.pdf

 

 

Comment créer une marque de produits cosmétiques ?

Un avis sur « Comment créer une marque de produits cosmétiques ? »

  • 17/12/2018 à 09:09
    Permalien

    bonjour ,j ‘aimerai pouvoir vous rencontrer afin de discuter …..actuellement nous avons 4 produits validés avec DIP à base d ‘immortelle et nous souhaitons valider encore 4 autres produits ;je connais CARINE Bidet ,c ‘est elle qui m ‘a dit de vous contacter
    plutôt que prendre un conseil sur le continent afin de mener à bien nos validations ,je souhaiterai pouvoir travailler avec un contact sur notre île .notre association SAPORE e ODORE est basée sur la plaine orientale …..si on peut éventuellement se rencontrer à mi chemin afin de pouvoir discuter ce serait super mon téléphone 06 82 04 46 66 je suis jany la présidente de l ‘association
    merci de répondre favorablement à ma demande A prestu

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